La Plume Culturelle

L’EPCC « Metz en scène » enté­rine son projet d’éta­blis­se­ment

Le 2 novembre dernier, le Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de l’Éta­blis­se­ment Public de Coopé­ra­tion Cultu­relle (EPCC) « Metz en Scène » s’est réuni afin d’adop­ter son projet d’éta­blis­se­ment. Une feuille de route qui défi­nit les objec­tifs et les projets d’in­fra­struc­ture pour l’ins­ti­tu­tion messine créée au début de l’an­née.

Pour la majo­rité des Messins, l’ap­pel­la­tion « EPCC-Metz en Scène » ne signi­fie pas grand-chose et ne semble pas être une préoc­cu­pa­tion majeure. Il n’y a qu’à effec­tuer un sondage dans la rue, le résul­tat est édifiant. Si chez d’autres le terme semble rappe­ler quelque chose de confus ou de vague, ou si pour ses détrac­teurs le sigle défi­nit « un gadget », l’ins­ti­tu­tion récem­ment créée a pour objec­tif l’ins­tau­ra­tion d’une réelle poli­tique cultu­relle d’en­semble dans le domaine de la musique et de la danse à Metz. Rappe­lez-vous. Jusqu’en décembre 2008, les infra­struc­tures telles que l’Ar­se­nal ou les Trini­taires étaient dotées d’une gestion auto­nome et ne se préoc­cu­paient guère des autres struc­tures. Logique. Depuis janvier 2009, sous la houlette de la muni­ci­pa­lité messine et avec l’ap­pui de la Région Lorraine, les deux établis­se­ments mais aussi les salles d’en­re­gis­tre­ment de Metz-Nord ont été centra­li­sés au niveau de la direc­tion géné­rale, des finances et de la commu­ni­ca­tion, en veillant cepen­dant que ces derniers conservent leur iden­tité propre et la spéci­fi­cité de leur program­ma­tion saison­nière. L’EPCC s’oc­cu­pera égale­ment du projet et de l’ad­mi­nis­tra­tion de la future salle de Musique actuelle (la SMAC) prévue dans trois ans à Borny.

Si les axes stra­té­giques cultu­rels, qui valo­risent et défi­nissent les objec­tifs de l’EPCC « Metz en Scène », ont été adop­tés par son Conseil d’Ad­mi­nis­tra­tion en mai dernier, il lui fallait néan­moins une feuille de route cohé­rente afin de défi­nir sa mission et ses diffé­rents projets d’in­fra­struc­tures indis­pen­sables pour accueillir le public. Ainsi, le 2 novembre dernier, en présence d’ad­mi­nis­tra­teurs pres­ti­gieux, notam­ment Bernard Faivre d’Ar­cier, Président de la struc­ture messine mais surtout reconnu comme l’an­cien direc­teur du festi­val d’Avi­gnon, et Cathe­rine Tasca, ancienne ministre de la Culture et de la Commu­ni­ca­tion sous le gouver­ne­ment de Lionel Jospin, le projet d’éta­blis­se­ment a été validé. Une façon pour l’or­ga­nisme public de présen­ter aux élus locaux ses ambi­tions pour les années à venir concer­nant l’Ar­se­nal, les Trini­taires et la prochaine salle de Musique Actuelle. Une manière aussi pour Jean-François Ramon, direc­teur géné­ral de l’EPCC, d’ex­pliquer qu’un parte­na­riat entre le Centre Pompi­dou-Metz et « Metz en Scène » pour­rait instau­rer une réelle dyna­mique, et non pas une concur­rence, entre les deux struc­tures  dans la capi­tale mosel­lane.

Concrè­te­ment, le projet d’éta­blis­se­ment sert à quoi ?
Le projet d’éta­blis­se­ment permet de présen­ter les axes stra­té­giques : « Être un pôle d’ex­cel­lence », « Être un pôle d’émer­gence », « Permettre l’ac­cueil d’un public élargi », « Soute­nir la vie musi­cale terri­to­riale » et « Contri­buer aux dyna­miques de déve­lop­pe­ment du terri­toire. » Mais égale­ment des projets que l’EPCC désire mettre en place pour les prochains mois voire les années à venir. Exemple : l’ex­ten­sion de l’Ar­se­nal avec la construc­tion d’un bar orienté vers la place de la Répu­blique, la mise en sécu­rité et l’amé­na­ge­ment de salle de l’Es­pla­nade pour l’adap­ter au spec­tacle vivant, et la trans­for­ma­tion de la salle du Gouver­neur. Il semble­rait qu’il n’y ait pas encore de calen­drier défi­ni­tif puisque rien n’a encore été chif­fré.

Petit bémol pour les missions desti­nées aux Trini­taires. Si l’am­bi­tion affi­chée est d’of­frir des rési­dences sur place dans le domaine de la créa­tion et du spec­tacle vivant, il n’en demeure pas moins qu’en atten­dant l’ou­ver­ture de la SMAC, la struc­ture aura pour voca­tion de prépa­rer le terrain sous la forme de préfi­gu­ra­tion. Qu’en­tend-on par là ? Simple­ment la créa­tion d’un label mais aussi la construc­tion de studios pour l’ac­com­pa­gne­ment des artistes. Mais ensuite, qu’ad­vien­dra-t-il de cette infra­struc­ture d’en­re­gis­tre­ment lorsque la salle de Musique Actuelle, à laquelle sera attri­buée la même dota­tion, et prévue dans le projet d’éta­blis­se­ment de l’EPCC, sera mise en service ? Il semble bien qu’il y ait là un doublon ; et comment justi­fier le finan­ce­ment par la suite ?

En tous cas, l’EPCC « Metz en Scène » souhaite susci­ter l’in­té­rêt du public pour ses infra­struc­tures avec des initia­tives qui permettent la décou­verte d’évè­ne­ments ciblés. Comme par exemple la Musique Actuelle à l’Ar­se­nal, à l’ins­tar de la Nuit Blanche ou de la semaine Hip-hop orga­ni­sée au prin­temps dernier dans le même lieu. Cepen­dant il faudra patien­ter pour évaluer les résul­tats du projet. Mais surtout s’il a pour les Messins suffi­sam­ment de lisi­bi­lité.


Article publié le 6 novembre 2009 dans le bimé­dia lorrain La Plume Cultu­relle.

Photo : ©LPC|TZ – De gauche à droite : Bernard Faivre d’Ar­cier, Cathe­rine Tasca, Domi­nique Gros et Jean-François Ramon.