La Plume Culturelle

Les Trini­taires : « le service public de soutien à la scène locale » ?

La forma­tion musi­cale « The Yupps » a été le premier groupe à béné­fi­cier d’une forma­tion tech­nique et artis­tique de deux jours aux Trini­taires avec un musi­cien conseil. Un premier pas pour la struc­ture cultu­relle qui souhaite deve­nir un acteur impor­tantr dans l’ac­com­pa­gne­ment des jeunes artistes locaux.

En septembre dernier, Nico­las Tochet, coor­di­na­teur en charge des spec­tacles vivants et de la créa­tion aux Trini­taires, l’avait annoncé. Aujourd’­hui, cela est devenu une réalité. Mais quoi donc ? Eh bien la mise en place d’une rési­dence musi­cale qui consiste à suivre les forma­tions promet­teuses et à leur appor­ter une aide péda­go­gique. La première a eu lieu durant deux jours (entre le 31 octobre 2009 et le 2 novembre dernier) avec le groupe les Yupps. L’ini­tia­tive pour­rait plutôt s’ap­pa­ren­ter à une forma­tion tech­nique super­vi­sée par un musi­cien-conseil. Si le dispo­si­tif d’ac­com­pa­gne­ment existe déjà à Nancy, dans les locaux de l’Autre Canal, à Metz, il n’en exis­tait pas de compa­rable ailleurs. Avec un finan­ce­ment de l’État, de la Région et  de la ville de Metz, Alain Aimé, musi­cien, artiste et conteur, a apporté sa contri­bu­tion et son expé­rience à cette nouvelle aven­ture.

« The Yupps », les artistes de demain ?
Depuis pratique­ment deux ans, la forma­tion messine The Yupps connaît un succès non négli­geable au niveau régio­nal. Après avoir remporté la finale du RTL2 pop rock tour, en mars dernier, puis avoir parti­cipé au Festi­val des Musiques Lycéennes et celui de Zika­metz, le groupe va parti­ci­per le 20 novembre prochain aux présé­lec­tions du Prin­temps de Bourges. Il n’em­pêche que l’ap­port de conseils et d’un accom­pa­gne­ment par les Trini­taires et par Alain Aimé est loin d’être inutile, selon les membres de la forma­tion. « En deux jours, nous avons eu le temps de prendre des claques, et en trois chan­sons, Alain nous a dit ce qui n’al­lait pas… sans chichi », avoue Thomas Poin­si­gnon (guitare/chant). Pour Maxi­mi­lien Schmitt (batte­rie), il explique que l’ac­quis durant les deux jours a réussi à les décom­plexer par rapport à leur jeune âge (vingt-deux ans en moyenne) et leur travail. « Cela nous a permis une approche plus profes­sion­nelle dans notre jeu de scène. Avant nous étions spon­ta­nés seule­ment grâce à l’ac­tion du public. Main­te­nant, nous joue­rons avec la même pêche quel que soit le nombre de spec­ta­teurs devant nous », signale-t-il avec l’oeil plus critique, celui d’un artiste.

Pour Alain Aimé, le dispo­si­tif d’ac­com­pa­gne­ment ne peut être une réus­site auprès des groupes promet­teurs que lorsque ces derniers « présentent une réelle envie de cette aide ». Ni l’âge, ni le statut, profes­sion­nel ou amateur, ne sont des obstacles. « Mon travail est d’ob­ser­ver avec un regard de spec­ta­teur la pres­ta­tion des musi­ciens et de leur appor­ter des solu­tions expertes à leur travail », précise l’ar­tiste. « Ce n’est pas moi qui attends quelque chose d’eux, mais plutôt je veux savoir ce qu’ils souhaitent apprendre avec moi. Je ne fais pas dans la critique gratuite. Je dis simple­ment les choses en les inter­ro­geant », conclut-il. Pour lui, le plus diffi­cile pour un musi­cien, c’est de pouvoir à la fois être à l’écoute des autres membres de la forma­tion, pour créer une cohé­sion de groupe, et « s’écou­ter soi-même et prendre du plai­sir à jouer. »

Un service public de soutien à la scène locale ?
Si la première cession semble un succès pour les musi­ciens et pour Nico­las Tochet, les Trini­taires comptent bien propo­ser leur aide à trois ou quatre groupes par an. Pour l’ins­tant. « Les artistes ne connaissent pas toujours le dispo­si­tif qui existe dans la région et nous voulons deve­nir le service public de soutien à la scène locale », déclare le jeune coor­di­na­teur. Selon lui, « le public ou les poli­tiques ne voient que la partie émer­gée de l’ice­berg avec les concerts”. Pour­tant, il ne faut surtout pas négli­ger « l’ac­com­pa­gne­ment en amont que personne ne remarque. » Un message en fili­grane pour signa­ler, peut-être, que même lorsque les salles n’ac­cueillent pas de public, la struc­ture peut égale­ment vivre et vibrer grâce notam­ment aux rési­dences artis­tiques.


Article publié le 6 novembre 2009 dans le bimé­dia lorrain La Plume Cultu­relle.

Photo : ©LPC|TZ – Le groupe « The Yupps » béné­fi­cie de la première cession d’ac­com­pa­gne­ment pour les artistes aux Trini­taires.


 

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