Sur le vif !

C’est sûr qu’ils t’aiment, il n’y a plus aucun doute

Par ta faute,
toute ma rancœur 
s'emmagasine dans mon esprit
et se transforme en colère ; 
pour la calmer,
elle doit s'extirper
par vague successive
et de manière compulsive,
non pas à travers ma voix,
mais à défaut d'autre chose,
par l'encre de mon stylo-plume ;
chaque phrase restitue ma pensée,
en laissant sur ce bout de papier
une trace indélébile de tes actes,
penser à toi quand sèchent
ces quelques strophes,
dépositaire de mon emportement ;
ma rage est une tempête de la raison 
déchaînée contre un roc de bêtises !

oh oui

enrager
de ton aveuglement,
de ta soumission,
de ton silence, 
de ta passivité
mais moi,
être le seul à hurler !

alors

ne plus m'étonner de la situation
dans laquelle nous sommes à tes côtés !
si tu souhaites continuer à subir
alors c'est ton droit mais moi,
ne pas m'asservir à qui que ce soit
encore moins de mourir sans réagir !

mais 

devant les gouvernants,
à force de fermer tes yeux,
tu ne t’aperçois même plus de la suppression de tes libertés,
à force de boucher tes oreilles,
tu n'entends même plus la vérité mais tu acceptes leurs certitudes,
à force d'avoir ta bouche close,
tu ne prends même plus la parole pour t'affirmer,
à force de ne plus penser,
tu ne réagis même plus de façon rationnelle mais par l'affect,

diable 

où donc est passé ton courage
à braver la pluie et le vent de l'orage
pour revendiquer sur le pavé tes droits ?
quand donc lèveras-tu ton poing
pour réclamer ton dû 
qu'ils viennent de te confisquer ?
quand bougeras-tu dans la rue
en masse pour qu'ils comprennent 
que tu n'es pas seul ?

maintenant

si tu préfères offrir ta confiance aux élites 
sans te poser de questions,
si tu préfères accepter leurs directives 
sans broncher pour du divertissement,
si tu préfères écouter les sirènes médiatiques
sans prendre de recul mais seulement pour qu'elles te réconfortent,
si tu préfères accepter un seul point de vue 
sans chercher la confrontation,

alors tu as raison

de fermer tes yeux,
de boucher tes oreilles,
de te taire et d'être servile
et de laisser ton esprit s'émousser,
c'est tout ce qu'il te reste à faire !

quant à moi

excuse-moi de te le dire 
d'une manière aussi abrupte,
mon esprit demeure
un libre penseur,
mon esprit est
le libre arbitre de mes décisions,
le seul juge de mes actes

aussi 

que vont penser les politiques de mon attitude ?
ne pas le savoir et m'en contrebalancer
mais en ce qui  te concerne,
c'est sûr qu'ils t'aiment, 
il n'y a plus aucun doute à cela.
Poème de Jean-Michel Léglise – janvier 2022
Illus­tra­tion du poème :
tableau d’Eu­gène Dela­croix « La Liberté guidant le peuple » réali­sée en 1830.

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