Poèmes

C’est sûr qu’ils t’aiment, il n’y a plus aucun doute

Par ta faute,
toute ma rancœur
s’em­ma­ga­sine dans mon esprit
et se trans­forme en colère ;
pour la calmer,
elle doit s’ex­tir­per
par vague succes­sive
et de manière compul­sive,
non pas à travers ma voix,
mais à défaut d’autre chose,
par l’encre de mon stylo-plume ;
chaque phrase resti­tue ma pensée,
en lais­sant sur ce bout de papier
une trace indé­lé­bile de tes actes,
penser à toi quand sèchent
ces quelques strophes,
dépo­si­taire de mon empor­te­ment ;
ma rage est une tempête de la raison
déchaî­née contre un roc de bêtises !

oh oui

enra­ger
de ton aveu­gle­ment,
de ta soumis­sion,
de ton silence,
de ta passi­vité
mais moi,
être le seul à hurler !

alors

ne plus m’éton­ner de la situa­tion
dans laquelle nous sommes à tes côtés !
si tu souhaites conti­nuer à subir
alors c’est ton droit mais moi,
ne pas m’as­ser­vir à qui que ce soit
encore moins de mourir sans réagir !

mais

devant les gouver­nants,
à force de fermer tes yeux,
tu ne t’aperçois même plus de la suppres­sion de tes liber­tés,
à force de boucher tes oreilles,
tu n’en­tends même plus la vérité mais tu acceptes leurs certi­tudes,
à force d’avoir ta bouche close,
tu ne prends même plus la parole pour t’af­fir­mer,
à force de ne plus penser,
tu ne réagis même plus de façon ration­nelle mais par l’af­fect,

diable

où donc est passé ton courage
à braver la pluie et le vent de l’orage
pour reven­diquer sur le pavé tes droits ?
quand donc lève­ras-tu ton poing
pour récla­mer ton dû
qu’ils viennent de te confisquer ?
quand bouge­ras-tu dans la rue
en masse pour qu’ils comprennent
que tu n’es pas seul ?

main­te­nant

si tu préfères offrir ta confiance aux élites
sans te poser de ques­tions,
si tu préfères accep­ter leurs direc­tives
sans bron­cher pour du diver­tis­se­ment,
si tu préfères écou­ter les sirènes média­tiques
sans prendre de recul mais seule­ment pour qu’elles te récon­fortent,
si tu préfères accep­ter un seul point de vue
sans cher­cher la confron­ta­tion,

alors tu as raison

de fermer tes yeux,
de boucher tes oreilles,
de te taire et d’être servile
et de lais­ser ton esprit s’émous­ser,
c’est tout ce qu’il te reste à faire !

quant à moi

excuse-moi de te le dire
d’une manière aussi abrupte,
mon esprit demeure
un libre penseur,
mon esprit est
le libre arbitre de mes déci­sions,
le seul juge de mes actes

aussi

que vont penser les poli­tiques de mon atti­tude ?
ne pas le savoir et m’en contre­ba­lan­cer
mais en ce qui te concerne,
c’est sûr qu’ils t’aiment,
il n’y a plus aucun doute à cela.

 

Poème de Jean-Michel Léglise – janvier 2022

 


Illus­tra­tion du poème :
tableau d’Eu­gène Dela­croix
« La Liberté guidant le peuple » réali­sée en 1830.


 

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